Retour des déplacés au Nord et dans l’Adamaoua

Elus locaux et nationaux demandent à l’Etat un plan d’urgence.

En l’absence d’un programme de retour financé par l’Etat, les déplacés sont encore massivement présents dans les grandes villes du pays. Les élus locaux dénoncent les défaillances du gouvernement dans ses missions régaliennes de garant de la sécurité de tous ses citoyens. Les députés et les sénateurs appellent à agir.

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Les ex-combattants anglophones et boko-haram manifestent

Sans travail et enfermés dans des camps militaires.

Ils sont déjà plus de 300 à avoir répondu à l’appel du chef de l’Etat d’abandonner les armes. Mais l’incertitude au sujet de leur réintégration sociale inquiète. Les promesses gouvernementales piétinent concernant, notamment, leur formation aux différents métiers. Les ex-combattants vivent aujourd’hui comme des prisonniers.

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Mort du journaliste Samuel Wazizi, accusé d’être « juge et partie »

Le gouvernement accusé d’être « juge et partie » par les députés.

Interrogé par les députés sur la disparition du journaliste, Joseph Béti Assomo a fait des déclarations qui contredisent le communiqué officiel qu’il a rendu public récemment, à la grande surprise des députés.  Il dit ne plus savoir où se trouve le corps du journaliste, annonce que l’enquête est menée par l’armée, et non par un organisme impartial et indépendant.  « On ne peut pas être juge et partie », insistent députés, avocats et journalistes.

Devant les députés furieux, lors de la traditionnelle séance des questions orales aux membres du gouvernement à l’assemblée nationale le jeudi 1e Avril, Joseph Beti Assomo, le ministre délégué à la présidence de la république chargé de la défense, a déclaré que le gouvernement enquête toujours sur les problèmes entourant la mort du journaliste Samuel Wazizi. 

Relancé par un député pour savoir qui mène cette enquête ? Est-ce que c’est un organisme indépendant différent du ministère de la défense ? Le ministre va se montrer tout d’abord évasif avant d’annoncer, et insister, que ce sont les services de sécurité et de défense qui sont en train de mener l’enquête aussi bien sur les causes de la mort du journaliste, que sur le lieu où se trouve son corps. « Comment l’armée qui est soupçonnée d’avoir assassiné le journaliste peut elle-même mener une enquête ? », s’interrogent les députés.

Dans ses propos, le ministre poursuit en indiquant que Samuel Wazizi a été arrêté pour complicité avec les groupes terroristes. Il a été transféré à Yaoundé pour investigation, et est mort dans un hôpital militaire des suites de septicémie grave. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances de cette tragique disparition. Les conclusions de l’enquête sont attendues. « En ce moment, il est inapproprié de donner des éléments de réponse sur les nombreuses questions posées au sujet de cette affaire » a conclu le ministre de la défense. 

Les députés choqués

Une déclaration du ministre qui va faire frémir l’assemblée. Choqués, certains parlementaires indiquent au ministre qu’il est en train de se contredire,  puisque le 5 juin 2020, le chef de l’unité de communication au ministère de la défense, le capitaine Cyril Serge Atonfack Nguemo, avait annoncé, dans un communiqué officiel,  que le journaliste Samuel Wazizi était décédé dans un hôpital militaire de Yaoundé le 17 aout 2019,  et que son corps se trouvait à la morgue de cet hôpital. Mais après vérification, la dépouille ne s’y était pas, et jusqu’aujourd’hui, personne ne sait où se trouve le corps du journaliste.

Les députés de l‘opposition  veulent aller plus loin. Ils demandent que le ministère de la défense leur présente les preuves qui soutiennent toutes les déclarations faites en juin 2020. « Avec beaucoup d’assurance,  le ministère de la défense affirme que le journaliste est mort à la suite d’une maladie, et non de torture. Qu’il nous présente les preuves médicales de cette infection puisque la famille dit qu’en partant de Buéa, le journaliste n’était pas malade », insistent les députés de ces groupes.

Ils poursuivent : « Aujourd’hui le même ministère ne sait plus où est le corps du journaliste, même les raisons de son arrestation sont floues. Il n ‘existe aucune preuve que ce journaliste était complice des groupes armés séparatistes ».

D’autres députés précisent que les membres de la famille du journaliste ont dû fuir pour se mettre à l’abri à cause, parait-il, de menaces émanant de personnes non identifiées. Ils demandent pourquoi l’Etat n’a pas pris des dispositions pour sécuriser cette famille ? Et pourquoi on ne leur dit rien au sujet de leur fils introuvable ?

Inquiets, certains se demandent aussi comment plus de deux ans après la mort du journaliste entre les mains des militaires dans la capitale politique, le ministère de la défense qui se trouve dans la même ville, n’arrive pas faire la lumière là-dessus. « Soit la vérité est connue et on la cache au peuple, soit le gouvernement refuse de faire avancer cette enquête », tranchent les plus sceptiques.  

Les journalistes mécontents

Les différents syndicats des journalistes anglophones et francophones rappellent que Samuel Wazizi travaillant pour l’organe Chillen Muzik Television –Cmtv de Buéa dans la région du Sud-Ouest a été arrêté le 2 aout 2019 à Buéa et détenu dans un commissariat de police pour des accusations de collaboration  avec des combattants séparatistes. Pour eux, Wazizi de son vivant avec ses avocats et d’autres confrères journalistes avaient apporté les preuves suffisantes pour démentir ces accusations.

Mais malgré cela, cinq jours plus tard, il avait été transféré dans une installation militaire à Buéa le 7 aout, puis amené à Yaoundé où il est resté aux mains des militaires, au secret, jusqu’à l’annonce de sa mort. Les syndicats souhaitent que l’enquête puisse aussi établir les raisons exactes de son arrestation. 

Les avocats en colère

Maitre Amungwa qui suit le dossier Wazizi a du mal à digérer sa colère. « Le ministre de la défense n’a rien dit de nouveau. L’affaire est toujours devant le juge d’instruction. C’est confirmé que Wazizi a été tué par les militaires. Le ministre qualifie Wazizi de terroriste. Mais est-ce qu’un tribunal a jugé Wazizi et l’a condamné comme terroriste ? Quelqu’un ne peut pas être juge et partie dans son affaire », affirme-t-il.

Par ailleurs, les avocats rappellent que l’Etat a l’obligation de protéger ses citoyens contre les violations de leurs droits, surtout le droit à la vie comme dans le cas d’espèce.

Cette protection s’exerce entre autre par  des enquêtes impartiales ouvertes par l’Etat en vue de déterminer les présumés auteurs des violations et de les traduire devant les tribunaux, afin qu’ils soient jugés et punis à la hauteur de leur culpabilité. Il s’agit en l’occurrence de l’article 2, alinéa 1 du pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui stipule que « Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à respecter et à garantir à tous les individus se trouvant sur leur territoire et relevant de leur compétence les droits reconnus dans le présent Pacte, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ». Des dispositions qui sont loin d’être respectées par l’Etat.

Hugo Tatchuam (Jade)

Les reporters de canal2 battus et blessés par les agents municipaux.

Agressés en plein reportage.

Alors qu’ils couvraient les affrontements qui opposent les conducteurs de mototaxis aux agents de la police municipale de la mairie de Yaoundé 5, l’équipe de reportage de la télévision privée canal2 a été sauvagement molestée, leur camera cassée et confisquée. La télévision veut porter plainte, les avocats demandent le respect des lois.  

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Covid 19.Les sources d’information officielles fermées aux journalistes

Le Covid 19 sert de prétexte.

Selon Reporters sans frontières, les gouvernants prennent pour excuse la lutte contre le covid 19 pour bloquer l’accès aux sources d’information et la couverture des sujets d’actualité par les journalistes. On trouve des exemples criants dans la presse du Cameroun.  

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Les droits des journalistes de plus en plus bafoués au Cameroun

Recul de la liberté de presse.

Le classement mondial de la liberté de la presse 2021 vient d’être rendu public. Le pays perd deux places en deux années consécutives, et se retrouve parmi les seuls pays africains où des journalistes continuent d’être emprisonnés sans avoir été au préalable  jugés. Les syndicats dénoncent. L’Etat se défend.

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Les sources d’informations fermées aux journalistes au prétexte du covid

Covid 19 et blocage d’accès à l’information.

Selon reporters sans frontières, il y a en ce moment une difficulté croissante pour les journalistes d’enquêter et de faire des révélations sur des sujets sensibles, à cause de l’attitude des gouvernants, qui prennent pour excuse, la lutte contre le covid 19 pour bloquer l’accès aux sources d’information et des couvertures des sujets d’actualité. Au Cameroun, la presse est fortement impactée.   

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Lutte contre le terrorisme. La loi utilisée pour faire taire la presse critique

La législation anti-terroriste au Cameroun, adoptée en 2014 dans le cadre de la lutte contre le groupe djihadiste nigérian Boko Haram, est utilisée pour réduire au silence les journalistes qui traitent des sujets sensibles, en violation des lois internationales ratifiées par le pays. Les syndicats de journalistes dénoncent la répression dont fait l’objet la presse camerounaise.

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Regain de conflits en régions anglophones, 11 000 nouveaux déplacés

L’Onu annonce 11 000 nouveaux déplacés enregistrés en février.

Les populations ont fui les affrontements violents qui se multiplient en ce moment entre les forces gouvernementales et les combattants séparatistes. Des cas d’assassinats, de malnutrition, d’absence de vaccins chez les nourrissons sont signalés. Des violations graves des lois internationales ratifiées par le pays.

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Souvent emprisonnés,les journalistes entre prudence et volonté d’informer

Les journalistes, jetés en prison ou placés en garde à vue, en sortent traumatisés. Certains sont moins disposés à couvrir les sujets sérieux par crainte de nouvelles représailles. Mais d’autres ne changent pas leur façon de travailler. Ils continuent à faire leur métier qui est d’informer en toute indépendance.

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