Liberté de presse et promotion des droits humains. Les acteurs de la région de l’Ouest s’engagent

C’était ce mardi 5 décembre 2023 à Bafoussam, au cours d’un atelier de concertation multi-acteurs organisé par Journaliste en Afrique pour le développement (Jade) dans le cadre de son projet « Presse libre pour promouvoir les droits humains (PLDH) ». 

La rencontre a regroupé 4 groupes d’acteurs, à savoir : les journalistes, Forces de l’ordre, magistrats, avocats, et les organisations de la société civile. Cet atelier, qui est le troisième du genre dans la ville de Bafoussam, avait pour objectif de définir les modalités d’une meilleure collaboration entre les journalistes et les autres acteurs (autorités administratives Forces de l’ordre, magistrats, avocats, et les organisations de la société civile), pour un accès facile à l’information. Ceci s’inscrit dans le cadre du projet « Presse libre pour promouvoir les droits humains (PLPDH) » qui a été lancé, en avril 2020 par JADE (Journalistes en Afrique pour le Développement) et ses partenaires JUD (Association des juristes pour les droits humains) et CSF (Caractères sans frontières), et financé par l’Union européenne.

En début de séance, le Coordonnateur du projet, Etienne Tassé, est revenu sur les résultats de la 3è étude sur l’espace accordé par les médias aux informations droits humains. Il a indiqué que sur le plan de la production et diffusion des informations relatives aux « droits de l’homme », en presse écrite, on est passé de 34 pages sur les droits humains en 2020, 27 en 2022, à 39 pages en 2023 soit 1,4% ; en radio, on est quitté de 116 minutes droits humains dans les journaux parlés en 2020, 144 minutes en 2022, à 157 minutes en 2023 soit 3,8% ; en télévision, on est parti de 30 minutes droits humains dans les journaux Tv enregistrées, 193 minutes en 2022, à 221 minutes en 2023 soit 4,7%. Mais il a surtout souligné que ces résultats qui marquent une réelle évolution dans la diffusion des informations axées sur les droits humains, ne devraient nous permettre dormir sur nos lauriers, mais surtout inciter les acteurs à construire une collaboration plus fructueuse pour un meilleur accès à l’information.

Après la présentation du projet « Presse libre pour promouvoir les droits humains (PLPDH) », par Béatrice Kaze, la suite de l’atelier sera consacrée aux échanges d’expériences de bonnes pratiques de synergies entre les journalistes et les autres acteurs. Dans le cadre de cet exercice plusieurs groupes vont se former. L’occasion pour les acteurs faire un état des lieux des préjugés qui entachent leur collaboration, de renforcer la vulgarisation des bonnes pratiques en matière d’accès à l’information, et surtout de trouver des stratégies pour une meilleure collaboration dans le futur.

C’est ainsi que cette étape va permettre aux participants de prendre un certain nombre de résolutions : création d’une cellule de communication dans les tribunaux et les services des FMO ; création d’un fichier d’indentification des médias ; renforcer la collaboration entre les journalistes et les autres acteurs ; mmultiplier les ateliers de renforcement des capacités multi-acteurs; mettre la bonne information à la disposition des journalistes; mettre en place des données ouvertes pour faciliter l’accès à l’information aux journalistes; varier les carnets d’adresse en ce qui concerne les journalistes; sensibiliser les populations sur les droits humains à travers les multiples campagnes; inviter les responsables de la chaine judiciaire à communiquer; vulgariser les films cinématographiques sur les violations des droits humains ; mettre en place des pôles de distribution des instruments juridiques nationaux et internationaux sur les droits de l’homme (Jade) ; prise en compte des différents indicateurs de performance déclinés dans le Plan d’action national de promotion et de protection des droits de l’homme au Cameroun pour la période de 2015 à 2019 (Jade).

Etienne Tasse, Coordonnateur du projet

« Il y a une évolution réelle dans la diffusion des informations droits humains »

Au début c’était très difficile que les journalistes puissent se lancer dans les enquêtes et les reportages portant sur les droits humains, étant donné que l’accès aux fonctionnaires de police, de la gendarmerie et des magistrats était assez difficile. Depuis que nous avons organisé la première rencontre de concertation avec ces différents acteurs, qui réunissait autour d’une même table les journalistes et toutes ces autorités, beaucoup de journalistes ont pu garder leur carnet d’adresse et se sont mis en position de produire beaucoup plus facilement les enquêtes et les reportages axés sur les droits humains. A la troisième année de ce travail, nous sommes satisfaits étant donné que, comme le montre les enquêtes, la présence des informations orientées sur les droits de l’homme est de plus en plus effective dans nos différents médias. Il y a une évolution timide mais elle est réelle, étant donné que vous allez vous rendre compte que très très régulièrement nous avons des reportages dans lesquels les journalistes évoquent les droits qui sont violés, citent les articles qu’il s’agisse sur le plan national ou international, et disent à quel niveau les droits ont été violés. C’est ce qui vise à vulgariser les droits humains auprès des populations. Tout ce que nous souhaitons c’est avoir des échanges et des discussions des bonnes pratiques avec tous les acteurs ; détruire le mûr qu’il y a entre les journalistes et les autres acteurs, pour permettre un accès facile à l’information.

Francine Azenkilé, Magistrat, substitut du procureur de la république près les tribunaux de Bangangté

« Ils ont sollicité la création d’une cellule de communication dans nos services »

C’est un atelier très riche qui nous a permis de comprendre les difficultés que rencontrent les hommes de médias sur le terrain, pour avoir accès à l’information, et je dirais même la bonne information. Nous avons pris note de leurs doléances parmi lesquelles l’accessibilité à l’information dans nos différents services. Ils ont également sollicité que dans chaque service, qu’on puisse mettre sur pied des cellules de communication pour faciliter l’accès à l’information. D’un autre côté j’ai retenu que les journalistes avaient encore des lacunes dans le traitement de l’information. Et le problème se trouve au niveau de leur formation. Je souhaite que les journalistes puissent aussi se former et renforcer leurs capacités afin que nous ayons des journalistes professionnels. Je souhaite aussi que les journalistes aient un esprit républicain ; qu’ils fassent preuve de civisme parce que toute information n’est bonne à dire. Même quand une information est vraie, il n’est pas obligé dans la divulguer du moment où il se rend compte que la dite information peut porter atteinte aux mœurs, à la tranquillité, à la stabilité de l’Etat ou alors d’un particulier. Nous allons soumettre les doléances à notre hiérarchie pour la création dans les tribunaux des cellules de communication pour faciliter l’accès à l’information aux journalistes.

 Nacer Njoya

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