Le secrétaire général du Parti Démocratique Gabonais (PDG), Eric Dodo Bounguendza, a mis en place, en octobre, des conseils provinciaux qui ont pour vocation de travailler à la régénération et la revitalisation du parti. Objectif : préparer le congrès extraordinaire du PDG qui se tiendra en décembre prochain. La rédaction de Mica Gabon a interrogé Jugglah Essono, membre du bureau de l’Union des Jeunes du Parti Démocratique Gabonais (UJPDG), nommé secrétaire dans la province de l’Ogooué Ivindo par le président du parti depuis le congrès de 2013. Son rôle est de coordonner et de mettre en œuvre les activités du parti dans cette province.
Six ans après la mort de Pierre Mamboundou. Ses héritiers de l’UPG continuent de se déchirer
La commémoration des six ans de la mort de Pierre Mamboundou, le 15 octobre dernier, ne s’est pas passée dans le respect dû au deuil. Au contraire, elle n’a fait qu’accroître les divisions entre ses héritiers au sein de L’Union du Peuple gabonais, UPG, parti en sursis depuis la mort de l’opposant le 15 octobre 2011. D’un côté, Bruno Ben Moubamba, président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) a organisé le retrait de deuil des veuves politiques, de l’autre, Mathieu Mboumba Nziengui a préféré une commémoration plus sobre dans la ville de Ndendé, fief du parti.
Il démissionne du secrétariat du PDG. Faustin Boukoubi sort par la grande porte
Il a fallu attendre le Conseil Provincial de l’Ogooué Lolo, sa province, pour que l’ancien secrétaire général du Parti Démocratique Gabonais (PDG), Faustin Boukoubi, dévoile les raisons qui l’ont poussé à rendre son tablier en août dernier. Il a refusé également de briguer à nouveau le poste de membre du bureau politique du PDG qu’il a toujours occupé jusque-là.
Le coup de gueule de Gérard Ella Nguema. « Ali Bongo doit se débarrasser des incapables »
Gérard Ella Nguema est convaincu que la situation morose du Gabon est imputable aux agissements des groupuscules influents autour d’Ali Bongo. Incapables, selon cet ancien candidat à la présidentielle, de répondre aux multiples demandes sociales des populations.
Il veut la peau du parti au pouvoir. Ben Moubamba esseulé dans sa grève de la faim
Opposé au projet de révision constitutionnelle, et à la politique gouvernementale actuelle, l’ancien ministre de l’Habitat, Bruno Ben Moubamba, a opté pour la grève la faim depuis le 1er novembre dernier. Seul moyen, selon lui, d’obtenir la dissolution du parti démocratique gabonais (PDG), considéré comme le vrai mal du Gabon. Mais l’opposant semble bien seul dans sa démarche.
La France dans la crise politique gabonaise. «Elle œuvre pour l’apaisement », dit Le Drian
Le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères répond ainsi au patron de la France insoumise, Jean Luc Mélenchon. Dans une question écrite à Jean-Yves Le Drian, le député des Bouches-du-Rhône avait demandé de clarifier la position de la France sur la crise post-électorale au Gabon.
Affaibli malgré sa réélection. Ali Bongo reprend la main
Alors que beaucoup le croyaient fini, banni, marginalisé au lendemain du scrutin présidentiel d’août 2016, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba reprend peu à peu le contrôle de la situation. Il impose sa marque alors que son rival, Jean Ping, jusque-là bénéficiaire du doute de la communauté internationale sur les résultats de l’élection présidentielle, semble désormais brimé, acculé. Et le gouvernement dispose de tous les moyens pour traquer et réduire à néant une opposition à ses yeux trop violente pour exister.
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Coups d’Etat militaires en Afrique . Sont-ils un moyen d’alternance démocratique ?
La question mérite d’être posée, au regard de la tendance croissante de la prise de pouvoir par des militaires sur le continent africain. Le dernier exemple, celui du Zimbabwe, avec l’assignation à résidence puis la démission du président Robert Gabriel Mugabe, dépouillé de ses pouvoirs par l’armée du pays, n’est autre chose que la suite logique de l’intervention des hommes en treillis dans l’exercice du pouvoir civil en Afrique. Mais sont-ils pour autant un moyen de rétablissement de la démocratie ?
Contre la réforme constitutionnelle. Jean Ping veut mobiliser la rue
Adopté en conseil de ministres fin septembre dernier, le projet de révision de la constitution initié par le gouvernement n’a pas fini de faire des vagues au sein du microcosme politique gabonais. Comme tous les autres opposants qui dénoncent une constitution taillée sur mesure, le leader de l’opposition, Jean Ping, promet de ”faire échouer” la manœuvre par une mobilisation de la rue.
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L’état de la démocratie en Afrique. Où en est le Gabon ?
Tout citoyen gabonais, soucieux de l’Etat de droit, peut s’interroger sur la situation démocratique réelle de son pays, et faire la comparaison avec d’autres Etats africains. Surtout après les récents événements qui ont rythmé la vie politique nationale, notamment l’organisation de la présidentielle du 27 août 2016, la gestion du contentieux électoral par les instances habilitées, et les mesures punitives prises par le pouvoir à l’encontre de l’opposition dite radicale.
Quel est l’état démocratique réel du Gabon après 27 ans de multipartisme ? De quelles infrastructures politiques et juridiques dispose le pays pour promouvoir une vie démocratique viable, depuis le retour au multipartisme en 1990 ? Comment ces infrastructures fonctionnent-elles ? A ces questions, les réactions sont partagées. Pour les tenants du pouvoir, 27 ans seulement de démocratie, ce n’est pas encore un âge suffisant pour juger de la maturité de la jeune démocratie née au tournant des années 1990, contrairement aux pays occidentaux, qui eux, ont pris des siècles pour y arriver. L’opposition estime qu’au contraire, plus de deux décennies après l’instauration du multipartisme, le Gabon pourrait déjà être un Etat démocratique forgé. Surtout que d’autres pays en Afrique comme le Bénin qui a connu le multipartisme la même année, est devenu une démocratie, avec des possibilités d’alternances pacifiques intégrées, le dernier exemple étant la passation de charges entre l’ancien président, Thomas Bony Yayi, arrivé en fin de mandat, conformément à la constitution, et son successeur, Patrice Talon, en mars 2016.
L’exemple kenyan
Saisie par le principal opposant, Raila Odinga, qui contestait la réélection de son rival, le président Uhuru Kenyatta, la cour suprême du Kenya a invalidé la présidentielle du 4 août dernier. Elle a dénoncé la «négligence» ou le «refus» de la commission électorale d’organiser des élections conformément à la loi du pays. Pour le journaliste congolais réfugié en France, Jean-Jules Lundu, « cette invalidation est une première », et il y a là « une dynamique qui pousse vers l’éclosion de la démocratie » en Afrique, une Afrique qui murit. Un cas école sur un continent où la plupart des cours suprêmes sont souvent accusées d’être de simples chambres d’enregistrement en faveur des régimes en place. Le lien est vite fait avec le Gabon où la cour constitutionnelle, malgré un faisceau d’irrégularités flagrantes dénoncées aussi bien par l’opposition que par les observateurs internationaux, a refusé d’invalider le scrutin du 27 août 2016, confirmant ainsi la réélection d’Ali Bongo.
Une opposition «séquestrée»
Interdiction de sortir du pays, de s’exprimer sur les médias publics ou encore de manifester. Ce sont des mesures que le gouvernement gabonais a prises contre l’ancien candidat de l’opposition, Jean Ping, et la plupart des leaders de sa coalition qui contestent la légitimité du pouvoir. L’opposition parle « d’une chasse à l’homme » organisée par le pouvoir pour la tenir en bride. Tandis qu’au Burkina Faso et au Sénégal, pour ne citer que ces deux cas, les manifestations de l’opposition sont souvent tolérées pour laisser s’exprimer la liberté d’opinions. Surtout que « La liberté (…) d’opinion, d’expression, (…) sont garanties à tous, sous réserve du respect de l’ordre public ». Tout comme « La liberté d’aller et venir à l’intérieur de la république gabonaise, d’en sortir et d’y revenir, est garantie à tous les citoyens gabonais, sous réserve du respect de l’ordre public », articles 2 et 3 du préambule de la constitution gabonaise, même si celle-ci ne détaille pas l’ordre public en question.
Des médias décriés
L’un des moteurs de la démocratie c’est aussi l’indépendance des médias, (publics surtout). Comme le dit Eddy Pleynel, fondateur de Médiapart, médias et démocratie sont les deux faces d’une même médaille, l’une ne va jamais sans l’autre. Mais les médias ne peuvent servir de hussards à la démocratie que s’ils sont réellement libres comme devraient l’être les télévisions et radios publiques. Or, les médias publics sont de plus en plus décriés pour ne couvrir que les seules activités du gouvernement et de tous ceux qui le côtoient. Qu’il s’agisse des périodes électorales ou de périodes dites normales, les médias publics prêtent rarement attention à l’offre politique de l’opposition que le pouvoir assimile de facto à la violence politique. Et les ordres viennent souvent de la tutelle ministérielle quand ils ne viennent pas directement des responsables desdits médias, qui pratiquent l’autocensure. Selon le classement 2017 de Reporters sans frontières, le Gabon n’occupe que la 108e place sur les 180 pays observés. Soit 8 places de moins par rapport à l’année dernière. Même si le pays reste le premier en Afrique centrale, il est néanmoins largué par d’autres pays africains comme la Namibie (24e), le Ghana (26e), le Cap-vert (32e), pays considérés comme exemplaires sur le continent.
Quid de la corruption ?
L’un des défis qui restent à relever pour permettre l’éclosion d’une véritable culture démocratique est sans doute la lutte contre la corruption. Corruption des esprits en période électorale, notamment avec l’achat des consciences des électeurs qui votent plus pour de l’argent que pour leurs convictions politiques personnelles. L’ampleur du phénomène est souvent observable pendant les élections législatives et présidentielles où des candidats déplacent, à coup de billets de banque, des électeurs à l’intérieur du pays où ils ne figurent parfois pas sur les listes électorales. Des méthodes frauduleuses qui restent sources de violences post-électorales récurrentes dans le pays.
Globalement, l’état de démocratie au Gabon reste mitigé après 27 ans de multipartisme, contrairement aux pays africains déjà cités plus haut.
KOMBA KOMBA
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