L’état de la démocratie au Gabon. Jean Ping et les siens en quarantaine

La Coalition pour la Nouvelle République, (CNR), conduite par Jean Ping, subit depuis peu les foudres du pouvoir qui interdit à ses membres l’accès aux médias publics et la liberté de se mouvoir allègrement à l’extérieur des frontières nationales. D’où l’ire de l’opposition dite radicale, même si la décision est aujourd’hui levée.

C’est désormais une opposition gabonaise barricadée, confinée et même bâillonnée, tant les mesures restrictives, prises à son encontre par le gouvernement ces derniers temps, achèvent désormais de la réduire à la clandestinité, au silence. Et pour cause, le 27 août dernier le Pr Albert Ondo Ossa, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2009, a été retenu à l’aéroport de Libreville par les services de la police de l’air et des frontières (PAF), alors qu’il devait participer à un colloque international au Cameroun. Quelques jours plus tard, c’est-à-dire le 2 septembre dernier, le même sort a été réservé à l’un des candidats à la dernière présidentielle, Casimir Oyé Mba qui, lui, voulait partir en France. Des interdictions de voyager sans notifications préalables aux opposants qui n’apprennent leur interdiction de voyager qu’à l’aéroport.
Gouvernement : « Mesures provisoires » Pour le Ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha, il s’agit plutôt de mesures administratives provisoires destinées à garantir la sécurité de l’Etat, suite à l’appel à l’insurrection lancé par Jean Ping le 18 août dernier. Dans son message à la nation, à l’occasion de la fête de l’indépendance du pays le 17 août dernier, l’opposant avait déclaré à l’endroit de ses partisans : « Je ne vous retiens plus (…). Je vous enjoins d’organiser, dès aujourd’hui et sans limite, jusqu’au départ des putschistes toute manifestation civique ».
Mais l’interdiction de quitter le sol gabonais (heureusement levée le 8 septembre dernier), n’est pas la seule restriction. Dans une déclaration à la télévision d’Etat, le ministre de la Communication, Alain Claude Bilié By Nzé, a averti dernièrement que tous ceux qui ne reconnaissent pas les autorités en place ne pourront plus s’exprimer sur les médias publics.

Opposition : «Une séquestration» inacceptable
Comme il fallait s’y attendre, le camp de Jean Ping est très remonté. Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping est très clair : « De manière arbitraire et illégale, ce pouvoir a désormais entrepris de séquestrer les opposants à l’intérieur du territoire », a-t-il déclaré. Même son de cloche du côté de l’Union Nationale, la formation politique de Zacharie Myboto qui considère ces mesures comme des entraves à la démocratie.
« (…) L’Union Nationale constate pour le regretter que, conscient et agacé qu’il est, de la ténacité avec laquelle la majorité du peuple Gabonais tient à faire respecter sa souveraineté, exprimée le 27 août 2016 en faveur de M. Jean Ping, alors candidat de la Coalition, le pouvoir établi multiplie les menaces et les actes d’intimidation, au point de prendre des mesures qui ni n’honorent, ni ne donnent une bonne image de notre pays. Aussi, l’Union Nationale s’insurge-t-elle contre ces comportements dignes d’un Etat voyou dont les dirigeants visent à réduire les Gabonais en servitude », indique un communiqué de cette formation politique.

L’effet boomerang !
Voila un nouvel épisode du landerneau politique gabonais qui risque de compromettre les efforts du dialogue national dans sa phase de réconciliation nationale. En prenant de telles sanctions, le pouvoir non seulement donne du grain à moudre à ses détracteurs, mais également place une fois de plus son principal opposant sous les feux des projecteurs. C’est sans doute pour atténuer ces effets que le 8 septembre dernier, le pouvoir a levé l’interdiction de sortie du territoire national.

Yannick Franz IGOHO


La Coalition pour la Nouvelle République, (CNR), conduite par Jean Ping, subit depuis peu les foudres du pouvoir qui interdit à ses membres l’accès aux médias publics et la liberté de se mouvoir allègrement à l’extérieur des frontières nationales. D’où l’ire de l’opposition dite radicale, même si la décision est aujourd’hui levée.

C’est désormais une opposition gabonaise barricadée, confinée et même bâillonnée, tant les mesures restrictives, prises à son encontre par le gouvernement ces derniers temps, achèvent désormais de la réduire à la clandestinité, au silence. Et pour cause, le 27 août dernier le Pr Albert Ondo Ossa, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2009, a été retenu à l’aéroport de Libreville par les services de la police de l’air et des frontières (PAF), alors qu’il devait participer à un colloque international au Cameroun. Quelques jours plus tard, c’est-à-dire le 2 septembre dernier, le même sort a été réservé à l’un des candidats à la dernière présidentielle, Casimir Oyé Mba qui, lui, voulait partir en France. Des interdictions de voyager sans notifications préalables aux opposants qui n’apprennent leur interdiction de voyager qu’à l’aéroport.
Gouvernement : « Mesures provisoires » Pour le Ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha, il s’agit plutôt de mesures administratives provisoires destinées à garantir la sécurité de l’Etat, suite à l’appel à l’insurrection lancé par Jean Ping le 18 août dernier. Dans son message à la nation, à l’occasion de la fête de l’indépendance du pays le 17 août dernier, l’opposant avait déclaré à l’endroit de ses partisans : « Je ne vous retiens plus (…). Je vous enjoins d’organiser, dès aujourd’hui et sans limite, jusqu’au départ des putschistes toute manifestation civique ».
Mais l’interdiction de quitter le sol gabonais (heureusement levée le 8 septembre dernier), n’est pas la seule restriction. Dans une déclaration à la télévision d’Etat, le ministre de la Communication, Alain Claude Bilié By Nzé, a averti dernièrement que tous ceux qui ne reconnaissent pas les autorités en place ne pourront plus s’exprimer sur les médias publics.

Opposition : «Une séquestration» inacceptable
Comme il fallait s’y attendre, le camp de Jean Ping est très remonté. Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping est très clair : « De manière arbitraire et illégale, ce pouvoir a désormais entrepris de séquestrer les opposants à l’intérieur du territoire », a-t-il déclaré. Même son de cloche du côté de l’Union Nationale, la formation politique de Zacharie Myboto qui considère ces mesures comme des entraves à la démocratie.
« (…) L’Union Nationale constate pour le regretter que, conscient et agacé qu’il est, de la ténacité avec laquelle la majorité du peuple Gabonais tient à faire respecter sa souveraineté, exprimée le 27 août 2016 en faveur de M. Jean Ping, alors candidat de la Coalition, le pouvoir établi multiplie les menaces et les actes d’intimidation, au point de prendre des mesures qui ni n’honorent, ni ne donnent une bonne image de notre pays. Aussi, l’Union Nationale s’insurge-t-elle contre ces comportements dignes d’un Etat voyou dont les dirigeants visent à réduire les Gabonais en servitude », indique un communiqué de cette formation politique.

L’effet boomerang !
Voila un nouvel épisode du landerneau politique gabonais qui risque de compromettre les efforts du dialogue national dans sa phase de réconciliation nationale. En prenant de telles sanctions, le pouvoir non seulement donne du grain à moudre à ses détracteurs, mais également place une fois de plus son principal opposant sous les feux des projecteurs. C’est sans doute pour atténuer ces effets que le 8 septembre dernier, le pouvoir a levé l’interdiction de sortie du territoire national.

Yannick Franz IGOHO

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