Dialogue politique au Gabon . Entre échec et recul démocratique…

De 1990 à 2017, le pays aura organisé au total quatre dialogues politiques. Quatre tours de table, avec une particularité commune, ils n’interviennent qu’au lendemain d’une élection présidentielle chaotique, sans que les acteurs politiques parviennent à mettre en place un système démocratique viable. Les institutions issues de ces négociations sont souvent contestées. Conséquence : la démocratie semble toujours au stade «embryonnaire», et donc conflictuelle.

Poursuivre la lecture de « Dialogue politique au Gabon . Entre échec et recul démocratique… »

Des Gabonais jugent ces promesses.

Dans son adresse à la nation du 31 décembre dernier, Ali Bongo Ondimba a annoncé des mesures dont certaines devront être réalisées cette année 2018. Du développement économique et social des populations en passant par la politique et l’environnement, aucun secteur n’a été oublié. Si certains saluent des annonces qui vont transformer le pays pour les années à venir, d’autres dénoncent des promesses démagogiques, au regard de nombreux éléphants blancs dans tout le pays depuis 2009.

Poursuivre la lecture de « Des Gabonais jugent ces promesses. »

Libération des prisonniers politiques. Les familles créent un Comité

Le Comité pour la libération des prisonniers politiques au Gabon a été créé au cours d’une conférence de presse organisée par le Réseau des Organisations Libres de la Société Civile pour la Bonne Gouvernance(ROLBG), avec les familles des militants de l’opposition disparus, dont Obame Nsimoro Jocelin dit « Stempy », Alain Mbela Obiang et Armel Mouendou. Ce Comité vise également à faire pression pour que soient libérés les prisonniers politiques et que cessent les arrestations arbitraires

« Mobiliser l’opinion publique nationale et internationale sur les graves violations des droits de l’homme notamment le sort des certains de prisonniers politiques injustement détenus  pour avoir dénoncer le coup d’Etat électoral au Gabon ; mobiliser à l’international, les réseaux et organismes de défense des droits humains pour la libération de tous les prisonniers politiques ; dénoncer les arrestations arbitraires, enlèvements et kidnappings à caractère politique ; dénoncer la torture systématique et les traitements dégradants infligés aux prisonniers politiques ; amplifier le plaidoyer et la mobilisation de la justice internationale pour enquêter sur les atrocités commises au Gabon ». Ce sont, entre autres, les objectifs que se donne le nouveau Comité, si l’on en croit Georges Mpaga, le Président du ROLBG.  

Ce Comité ne se limitera pas aux seuls prisonniers politiques, mais aussi aux enlèvements à des fins criminelles, tels que les crimes rituels, a ajouté Georges Mpaga. Ce dernier a ainsi invité toutes les familles encore dans l’ombre ayant constaté la disparition d’un proche, à se faire recenser.

 

Emmanuela MAKEGHELE

 

Adoption d’une nouvelle constitution. Pour quelle démocratie ?

Les députés seront plus nombreux à l'issue des prochaines législatives

Après son passage comme une lettre à la poste au parlement, la révision constitutionnelle initiée par le gouvernement ne va pas sans interrogations. Va-t-elle enfin mettre un terme aux violences postélectorales chroniques dans le pays depuis plus de 25 ans ? Comment parvenir à une véritable alternance démocratique et pacifique, si certaines questions comme la limitation des mandats présidentiels restent entières ?

Poursuivre la lecture de « Adoption d’une nouvelle constitution. Pour quelle démocratie ? »

Grève des agents des Affaires étrangères. Les raisons : « pas de bus, pas de clim, pas de prime… »

Le ministère des Affaires étrangères est entré dans un cycle de grèves qui paralysent son fonctionnement. Du paiement de la prime de servitude au fonctionnement des bus du personnel, en passant par la réparation de la climatisation, autant de problèmes qui irritent les agents dénonçant la mauvaise volonté du gouvernement. Ghislain Boukandji, président du Syndicat des Agents des Affaires Etrangères (SAAE) le dit au micro de MICA.

Poursuivre la lecture de « Grève des agents des Affaires étrangères. Les raisons : « pas de bus, pas de clim, pas de prime… » »

Grève des magistrats à Libreville. G. E. Nguema : « Le magistrat doit être indépendant»

P6

Le président du syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) le dit dans une interview accordée à la rédaction de MICA. A la liste des revendications des magistrats en grève depuis 2016, s’est ajouté le départ du ministre de tutelle, Francis Nkea. Pour avoir déclaré que certains magistrats étaient corrompus, le ministre de la justice suscite la colère des hommes en toges qui le clouent au pilori depuis quelques mois. MICA : Depuis bientôt deux ans, le Syndicat national des magistrats du Gabon, le SYNAMAG, est dans un cycle de grèves sporadiques. Que revendiquez-vous exactement ? Gervais Ella Nguema : « Nous sommes en perpétuels mouvements d’humeur suite à la non-prise en compte de nos revendications. En effet, nous avons déposé auprès du ministère de tutelle un cahier de charges comportant 30 points. A ce jour, nous n’avons eu gain de cause que sur 4 points. Les juridictions administratives des villes de Port-Gentil et Franceville, ont pu bénéficier de locaux après trois années sans abri. Celle de Libreville s’est dotée d’un bâtiment flambant neuf à Batterie 4. A cela s’ajoute le problème des robes d’audience, le problème de la PIP (prime incitative à la performance) dont une partie n’a toujours pas été perçue, la situation des jeunes collègues nommés à la juridiction administrative, dont les qualifications ne concordaient pas avec leur cursus universitaire…» MICA : A côté de ces revendications, il y a la démission du ministre de la justice Francis Nkea, que vous réclamez désormais. Gervais Ella Nguema : « La demande de démission du ministre de tutelle n’était pas au préalable de notre cahier des charges. Cette situation a été circonstancielle et non préméditée. Cela est dû à son point de presse quand il s’est permis de nous traiter de «corrompus». La démission du ministre est un point particulier, qui ne pourra disparaître qu’au départ de ce dernier. Nous n’avons pas d’autre choix.». MICA : Est-ce de votre ressort de demander la démission d’un ministre? Gervais Ella Nguema : « Le département de la justice c’est pour les magistrats. Qu’on le nomme ailleurs s’ils veulent, mais à notre niveau, nous ne voulons plus travailler avec lui, car au vu et au su de tous, il nous a désavoués. Nous sommes un grand corps de l’Etat, une institution, un pouvoir, il n’est pas permis qu’un individu, quel qu’il soit, s’amuse avec. Ce que nous demandons aujourd’hui, c’est le départ de celui qui supervise notre département. Nous ne pouvons pas accepter le fait qu’il y reste après son indélicatesse car il pourrait récidiver. Au Gabon, on a l’impression que le magistrat n’est qu’un gadget de l’Etat. Nous disons non, trop c’est trop. D’ailleurs, nous allons porter plainte contre lui». MICA : On reproche souvent à la justice d’être instrumentalisée, est-ce une opinion que vous partagez ? Gervais Ella Nguema : « Le syndicat se bat pour atténuer ce fléau. Il faut voir les conséquences qui s’en suivent. Nous essayons d’être un peu plus en accord avec la population. Il faut le dire, la justice gabonaise est en désaccord avec la population. Que la population le pense, c’est son droit, mais qu’un ministre de la République se permette de balancer à la vindicte populaire des gens qui travaillent avec lui, ce n’est pas normale. Etant avocat de formation, il connait bien sa justice. S’il nous qualifie de corrompus, c’est qu’il sait par ailleurs combien de procès il a gagné avec cette corruption. Il faudra qu’il le prouve.» MICA : Pour conclure, qu’est-ce qu’on peut retenir de la grève du SYNAMAG ? Gervais Ella Nguema : « Nous sommes en grève illimité jusqu’au respect de nos droits et au départ de Me Nkea. Cependant, nous accompagnons notre mouvement d’un service minimum. Nous faisons la grève aujourd’hui car nous n’avons pas le choix, nous voulons que les choses changent, que le magistrat soit indépendant dans son travail ». Recueilli par Raïssa MOUBECKA

Poursuivre la lecture de « Grève des magistrats à Libreville. G. E. Nguema : « Le magistrat doit être indépendant» »

Agence de Promotion des Investissements. Nina Abouna : « Créer des entreprises en 48 heures »

P7

La directrice de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANPI), Nina Abouna, l’assure dans un entretien avec MICA, au lendemain de l’inauguration de cette nouvelle structure par le Président Ali Bongo, le 15 janvier dernier. L’ANPI entend désormais alléger les démarches pour créer des entreprises, attirer plus d’investisseurs et permettre ainsi de booster la croissance économique. Deux jours suffisent désormais pour mettre sur pied son entreprise au Gabon.

Poursuivre la lecture de « Agence de Promotion des Investissements. Nina Abouna : « Créer des entreprises en 48 heures » »

Economie et plan de relance selon Pambou. « Le problème : la vitesse de l’endettement »

P7

Le contexte du moment plombé par la crise économique, teinté de grèves à répétition, de licenciements économiques, dus aux fermetures de sociétés, sont autant d’éléments qui n’augurent pas le retour immédiat de la croissance. Le Gouvernement a décidé de mettre en œuvre des politiques de diversification de l’Economie, telles que préconisées par le Programme de relance économique (PRE). Serges Pambou (1), économiste et enseignant à l’Université Omar Bongo de Libreville, décortique pour MICA, ces difficultés qui ne sont pas insurmontables.

Poursuivre la lecture de « Economie et plan de relance selon Pambou. « Le problème : la vitesse de l’endettement » »

Un appel d’un opposant modéré. La réconciliation plutôt que la guerre civile

Louis Gaston Mayila appelle à la réconciliation nationale

Le président de l’Union pour la nouvelle république (UPNR pro Ping), Louis Gaston Mayila, certains autres leaders politiques de l’opposition dite modérée et les associations œuvrant pour la promotion de la paix au Gabon, appellent le Président de la République, Ali Bongo à créer les conditions d’une véritable réconciliation entre filles et fils du Gabon. Convaincu que la situation actuelle du pays n’a que deux solutions : la guerre civile ou la réconciliation de tous les Gabonais de quelque bord que ce soit, Mayila opte pour la seconde. C’est pourquoi il demande à Ali Bongo et son adversaire, Jean Ping de dépasser leurs querelles, afin de s’asseoir autour d’une même table pour le bien du pays. Car un pays divisé avec un tel niveau de haine entre ses enfants ne peut conduire le plus souvent qu’à la guerre civile. S’engager pour la paix Pour Me Louis Gaston Mayila, l’élection présidentielle étant désormais derrière nous, il faut maintenant créer les conditions d’un Gabon de paix et d’unité nationale. Raison pour laquelle l’ancien soutien de Jean Ping prend l’engament d’aller au contact des populations pour leur expliquer davantage la nécessité pour les Gabonaises et les Gabonais de se réconcilier. Accusé par ses frères de l’opposition pro Ping d’avoir été soudoyé par le palais, l’ancien ministre d’Omar Bongo dit s’exprimer en toute liberté et responsabilité. Il demande que soit respectée sa position comme est respectée celle de Jean Ping, qui, lui, exige comme solution une restitution préalable par Ali Bongo de sa victoire. Dans une déclaration, le président de l’Union des patriotes loyalistes, (UPL), David Mbadinga, appelle lui aussi à la paix de braves : «Depuis 2009, la haine et l’intolérance ont cristallisé les rapports dans la société gabonaise. Cette situation s’est aggravée avec la publication des résultats issus de l’élection présidentielle d’août 2016 ayant entraîné des manifestations réprimées par des méthodes non républicaines. Ainsi est née une crise multiforme et multisectorielle qui constitue une menace grave et dangereuse pour la paix dans notre pays et pour notre vivre ensemble.(…) Pour freiner cet élan destructeur, les acteurs politiques, les associations et les forces vives de la nation, soucieux du devenir du pays, épris de paix et de justice, afin de préserver le peuple de tout dommage, appellent à la réconciliation nationale. Une réconciliation nationale que le dialogue national d’Angondje n’a malheureusement pas réussi à créer ». Appel ignoré L’appel de Louis Gaston Mayila et ses amis résonne comme une goutte d’eau dans la mer. Et cela d’autant plus que les deux camps opposés, celui d’Ali Bongo et celui de Jean Ping, campent sur leur position. Du côté du pouvoir on s’arc-boute sur le dialogue politique d’Angondje, qui aurait déjà scellé la réconciliation nationale, même si celle-ci tarde toujours à venir. Le dialogue politique ayant déjà eu lieu, il n’y aura jamais de deuxième ou troisième dialogue. Chez l’ancien président de la commission de l’Union africaine, c’est la thèse de la «résistance», «résistance» dans la radicalisation. Il n’y a d’autre solution à la crise et à la réconciliation nationale que le respect de la volonté des urnes. Cette vérité est celle de la victoire de Jean Ping à la présidentielle du 27 août 2916. Dans ce contexte de radicalisation extrême, le discours du président de l’UPNR trouve rarement d’échos, surtout que l’opposant, accusé de trahison par ses pairs de l’opposition radicale, peine toujours à mobiliser. Raïssa MOUBECKA

Poursuivre la lecture de « Un appel d’un opposant modéré. La réconciliation plutôt que la guerre civile »