Les femmes reporters sportives impliquées dans la CAN. Leur présidente croit toujours en « la magie du football »

L’Union des Femmes Reporters Sportives du Gabon (UFRESGA) compte une quarantaine de membres et est présidée par Raïssa Laure Medza me Ndong. Créée en 2011, elle a pour ambition l’intégration de plus de femmes journalistes sportives en vue de donner une bonne visibilité aux acteurs du monde sportif africain et aux sports africains. Affiliée à plusieurs réseaux, dont UFRESA, l’Union des Femmes Reporters Sportives d’Afrique, l’UFRESGA a pu bénéficier de facilités et d’un accompagnement accordés par la commission communication du Comité d’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (COCAN). Ayant à son actif la participation à deux Coupes d’Afrique des Nations (CAN), la présidente de l’association tire les enseignements de celle de 2017, organisée à Libreville malgré les troubles post élection présidentielle. Elle reste convaincue des missions nobles attachées au Sport. Au point de partager le même idéal que Nelson Mandela : «le sport peut changer le monde». Et elle y a cru, Raïssa Laure Medza, en la magie du football, même durant cette CAN.

L’Union des Femmes Reporters Sportives du Gabon (UFRESGA) compte une quarantaine de membres et est présidée par Raïssa Laure Medza me Ndong. Créée en 2011, elle a pour ambition l’intégration de plus de femmes journalistes sportives en vue de donner une bonne visibilité aux acteurs du monde sportif africain et aux sports africains. Affiliée à plusieurs réseaux, dont UFRESA, l’Union des Femmes Reporters Sportives d’Afrique, l’UFRESGA a pu bénéficier de facilités et d’un accompagnement accordés par la commission communication du Comité d’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (COCAN). Ayant à son actif la participation à deux Coupes d’Afrique des Nations (CAN), la présidente de l’association tire les enseignements de celle de 2017, organisée à Libreville malgré les troubles post élection présidentielle. Elle reste convaincue des missions nobles attachées au Sport. Au point de partager le même idéal que Nelson Mandela : «le sport peut changer le monde». Et elle y a cru, Raïssa Laure Medza, en la magie du football, même durant cette CAN.

MICA: L’UFRESGA a-t-elle vraiment une représentation nationale ?

Raïssa Laure Medza : Nous sommes présentes à Libreville, Tchibanga, Mouila, Port Gentil et Makokou récemment. On a deux des nôtres installées à Johannesburg et Paris mais qui restent fidèles au groupe.

MICA : La CAN qui s’est jouée au Gabon a démarré en amont par d’importants préparatifs, des longs mois durant. Est-ce que votre association a été conviée ?

Raïssa Laure Medza : Du fait d’avoir des membres dans les différentes rédactions sportives nationales notamment à Libreville et Port-Gentil, celles-ci ayant été retenues pour couvrir l’évènement et jouer un rôle pour leur média pendant cette période, peut être considéré comme une forme d’association aux préparatifs. L’UFRESGA depuis le 21 Novembre dernier a lancé son groupe de presse Le Gabon Sportif, avec un site disponible sur la toile http://www.legabonsportif.com. Nous avons pu accréditer deux de nos reporters et tentons avec nos moyens de couvrir l’évènement. Des facilités et un accompagnement nous ont été accordés par la commission communication du COCAN (Comité d’Organisation de la Coupe d’Afrique des Nations).

MICA : En quoi est-ce que la CAN 2017 peut servir de tremplin à votre structure en vue d’éventuelles collaborations avec les autres consoeurs ?

Raïssa Laure Medza : En réalité, le fait d’être affiliée à l’Union des Femmes Reporters Sportives d’Afrique est déjà un pas pour être en contact avec les consoeurs d’Afrique. Après, la CAN nous permet juste de nous revoir, d’échanger et de partager nos expériences, car les réalités sont quasiment les mêmes partout. Et puis, on unit nos efforts pour se passer des nouvelles et s’ouvrir des portes. Pour la République Démocratique du Congo par exemple, l’UFRESA RDC est une facilitatrice, nous sommes en contact permanent avec la présidente et la secrétaire générale, même si à la dernière minute, elles n’ont pas pu arriver au Gabon.

Pour le Togo, c’est Evelyne avec qui nous sommes en contact, et Coumba Niambélé du Mali, qui bien qu’en stage en France, nous a été bien utile pour les informations sur la sélection malienne.

Donner au football féminin gabonais une chance d’exister

MICA : Y a-t-il eu une mobilisation des footballeuses gabonaises dans cette CAN ?

Raïssa Laure Medza : Je ne saurai répondre à cette question, car je ne maitrise pas l’organisation des footballeuses en interne. Mais pour les passionnées et férues du ballon rond en activité ou pas, elles suivent pour certaines, avec beaucoup d’intérêt cette CAN qui met à l’honneur la gente masculine. Certaines avec l’espoir qu’on accorde au football féminin gabonais, un jour, une réelle chance d’exister et un pareil tremplin pour s’exprimer. Le rêve est permis et le Cameroun l’a bien prouvé avec la 10ème CAN Orange disputée en 2016.

MICA : Quel message voudriez-vous faire passer aux autorités du ministère des Sports, pour que lors des prochaines grandes rencontres sportives, les Associations sportives locales soient plus présentes ?

Raïssa Laure Medza : Depuis son arrivée à la tête du département, madame la ministre Nicole Asselé a été ouverte à toute collaboration fructueuse et tout échange capable de donner de la visibilité aux acteurs du monde sportif et aux disciplines. L’Union des Femmes Reporters Sportives du Gabon, a par exemple compté parmi les premières associations à être reçues par cette femme de terrain et promotrice de la femme. Avec elle, nous avons échangé sur notre projet socio-sportif baptisé «Camp Kôte» pour la promotion du sport chez les plus vulnérables. Nous sommes les témoins des rencontres que la ministre des Sports a multipliées, et initiées depuis son arrivée pour fédérer les associations autour de la CAN. A cause de cela, notre souhait, est de la voir rester sur cette lancée et garder le cap.

Nommée à moins de deux mois de la CAN, ce fut donc une ‘’patate chaude’’ entre ses mains, et les premières actions posées attestent bien que la ministre sait «qu’un seul doigt ne pourra jamais laver toute la figure». Même avec la bonne volonté et il faut tenir compte de tous les maillons de la chaîne, chacun dans son couloir et jouant sa partition.

MICA : Pourquoi « une patate chaude » ? A cause des troubles post-Présidentielle ?

Raïssa Laure Medza : Patate chaude du fait de sa nomination récente, elle prend le train non pas en marche, mais au moment où il finit sa marche. Le plus gros a déjà été fait, il ne reste plus qu’à accompagner la finalisation de l’ambitieux projet. Or on sait que l’organisation sera jugée et généralement, le gouvernement par son ministère des Sports en fait collatéralement les frais, même si nous savons tous, que c’est la responsabilité première du Comité d’Organisation de la CAN (COCAN), rattaché directement à la Présidence et pas au ministère. Donc cette deuxième organisation, après la Co organisation de 2012, s’est déroulée dans un climat sensible au regard des tensions politiques. En sa qualité de ministère de tutelle, elle sait qu’il n’y aura pas d’état de grâce. Et l’élimination des Panthères sorties au premier tour l’a bien prouvée.

Malgré les difficultés la mayonnaise a pris

MICA: Quels sont les maillons de la chaîne dont vous parlez ?

Raïssa Laure Medza : Les sportifs, les dirigeants, les supporters, la presse nationale d’abord et internationale ensuite (même si on est souvent au regret de constater que les médias nationaux sont toujours négligés au détriment d’une presse internationale qui n’apparaît généralement qu’en saison des pluies et disparaît en saison sèche), les associations et les anciennes gloires du sport gabonais.

MICA : Votre association a participé à la CAN 2012 dans un Gabon apaisé. Comment jugez-vous l’ambiance de 2017 après les troubles qui ont suivi la présidentielle ?

Raïssa Laure Medza : En 2012, le Gabon était co-organisateur, sans pesanteur, dans une atmosphère dégagée, bien que décriée au début, l’organisation a fini par faire l’unanimité et fédéré les fils et filles du pays. Ce fut une belle réussite.

En 2017, au-delà de la crise postélectorale, il y a la crise économique mondiale qui n’épargne aucun pays, même pas le Gabon, et favorise les mouvements d’humeur. Ajouté à cela les rumeurs lancées sur les réseaux sociaux, c’est une organisation qui a débuté sous haute tension depuis la confirmation du Gabon comme pays organisateur malgré l’acharnement des détracteurs à ce 31eme rendez-vous sur nos terres. Cependant, à Oyem où j’ai assisté au dernier match des quarts de finale (RDC contre Ghana) c’était amusant de voir le regret des populations. La mayonnaise a donc tardé à prendre dans le Septentrion mais elle a quand-même pris.

MICA : Les opposants à Ali Bongo ont réclamé l’annulation de la tenue de cette CAN 2017 à Libreville. Qu’en pensez-vous ?

Raïssa Laure Medza : De vous à moi, c’est le jeu politique, l’adversaire mécontent a le droit légitime de s’opposer à toutes les propositions et actions menées par le camp d’en face.

Ils ont donc réclamé avec vigueur cette annulation, tenant un argumentaire à l’appréciation de chacun. C’était leur droit mais la Confédération Africaine de Football (CAF) n’était pas tenue de donner une suite favorable. Et le gouvernement tenant à cette organisation a donné toutes ses garanties. Chacun a joui de son droit : celui de contester (les opposants) d’un côté, et de l’autre, celui de garantir l’organisation (le Gouvernement). Et chacun est resté face à son devoir celui de respecter la position de l’autre sans créer d’incident qui aurait fait du tort non pas à un individu mais à la Nation.

MICA : L’idée du boycott de la CAN devait-elle être soutenue ?

Raïssa Laure Medza : S’il fallait boycotter la CAN, cela aurait dû se faire avant l’attribution. Pour moi, lorsque le Gabon a été choisi comme pays organisateur, cela devenait surtout une affaire nationale.

Le pays a des problèmes. C’est un Gabon déchiré aux lendemains des résultats de la présidentielle, c’est sûr et je n’en ferai pas un déni. Mais on ne peut pas vivre dans le passé, surtout quand on sait que les hommes forts de l’opposition d’aujourd’hui qui ont crié au boycott et fait campagne pour, sont d’anciens collaborateurs de feu Omar Bongo Ondimba. Alors, fair-play, je fais le choix de rester convaincue comme Nelson Mandela que «le sport peut changer le monde». Et j’ai cru en la magie du football.

 

Propos recueillis par Annick-Brigitte BOUMA

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