Macron écrit à Bongo pour la fête d’indépendance. Entre usage diplomatique et reconnaissance officielle

A l’occasion de la célébration du 57e anniversaire de l’accession du Gabon à l’indépendance, l’Elysée, via l’ambassade de France, a adressé une correspondance à la présidence du Gabon. Mais alors que les partisans du pouvoir y voient une reconnaissance du pouvoir d’Ali Bongo dont la réélection le 27 août 2016 reste toujours entachée de doutes, ceux de l’opposition minimisent la portée d’un tel message, en y voyant une simple tradition diplomatique.


A l’occasion de la célébration du 57e anniversaire de l’accession du Gabon à l’indépendance, l’Elysée, via l’ambassade de France, a adressé une correspondance à la présidence du Gabon. Mais alors que les partisans du pouvoir y voient une reconnaissance du pouvoir d’Ali Bongo dont la réélection le 27 août 2016 reste toujours entachée de doutes, ceux de l’opposition minimisent la portée d’un tel message, en y voyant une simple tradition diplomatique.

«Monsieur le Président, à l’occasion de la fête nationale de la République gabonaise, j’ai le plaisir de vous adresser à vous-même, ainsi qu’à l’ensemble de vos compatriotes, mes sincères félicitations. Je tiens à souligner l’importance que j’attache au dialogue et à la coopération entre nos deux pays sur les sujets d’intérêts communs tels que les changements climatiques ou la paix et la sécurité en Afrique. Je souhaite que nous continuons à travailler à l’approfondissement de notre relation et au renforcement des liens qui unissent si étroitement nos deux pays ».Voilà les quelques mots du président français, Emmanuel Macron, adressés à son homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba.
Le soulagement du pouvoir
Si la lettre n’a d’autres fins que de respecter la tradition diplomatique qui veut qu’à l’occasion des fêtes nationales, les Chefs d’Etat s’échangent des messages de vœux, celui du Président français ne pouvait pas passer inaperçu à Libreville. Surtout pour un message de l’Elysée adressé à un chef d’Etat en mal de légitimité depuis sa réélection à la dernière présidentielle. Voilà ce qui a suscité le ouf de soulagement des partisans d’Ali Bongo, qui y ont vu enfin, une reconnaissance, bien que tardive d’un dirigeant de la France, l’ancienne puissance colonisatrice du Gabon. Pour le pouvoir, il ne fait plus aucun doute qu’Emmanuel Macron, en appelant Ali Bongo «Monsieur le Président», vient de le reconnaître implicitement ou explicitement comme le président du Gabon. Il y a quelque temps, Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle française, avait déclaré sur les antennes de Radio France Internationale (RFI) que « l’élection de Monsieur Ali Bongo est pleine d’incertitudes et d’inconnus, qui justifient un jugement circonstancié ». Désormais, avec cette lettre qui commence par «Monsieur le Président», il y a comme un changement de posture du côté de la présidence française vis-à-vis du régime de Libreville, même si Emmanuel Macron se garde de le dire ouvertement.

Opposition : «un simple usage diplomatique»
Pour l’opposition, la lettre de Macron à Ali Bongo Ondimba ne signifie pas de facto une reconnaissance de sa légitimité par la France, bien que la pilule soit amère à avaler. Il s’agit plutôt d’un simple usage diplomatique, en des circonstances particulières. Certains n’y voient rien d’autre qu’un véritable camouflet, la correspondance ayant transité par l’ambassade de France avant de parvenir au palais du bord de mer. On soutient même que si Emmanuel Macron avait voulu reconnaître le pouvoir d’Ali Bongo, il lui aurait fait parvenir la lettre directement. Comme il fallait s’y attendre, le courrier de Macron n’est donc pas passé inaperçu au Gabon. La position officielle de Paris reste un enjeu important pour Jean Ping et Ali Bongo qui se battent pour le pouvoir depuis la présidentielle d’août 2016. Avec ce court message de vœux, l’Elysée vient là de jeter le doute dans le camp de l’opposition, qui attendait beaucoup du pays du Général De Gaule pour installer au pouvoir Jean Ping, qui se réclame toujours le «président élu du Gabon».

Raïssa Moubecka

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