Judicaël Moudjiedji juge le dialogue. « Une mascarade pour légitimer un pouvoir »

Ancien Secrétaire général de l’URDP, Union pour la République et pour le Développement, parti de l’opposition pro Ping, Judicaël Moudjiedji, ne fait pas dans la dentelle pour juger de la pertinence du dialogue convoqué par Ali Bongo. Ce n’est ni plus ni moins qu’un dialoguer pour « légitimer un pouvoir usurpé », et les conclusions contenues dans le rapport final sont loin de satisfaire les attentes du peuple gabonais.

Ancien Secrétaire général de l’URDP, Union pour la République et pour le Développement, parti de l’opposition pro Ping, Judicaël Moudjiedji, ne fait pas dans la dentelle pour juger de la pertinence du dialogue convoqué par Ali Bongo. Ce n’est ni plus ni moins qu’un dialoguer pour « légitimer un pouvoir usurpé », et les conclusions contenues dans le rapport final sont loin de satisfaire les attentes du peuple gabonais.

MICA : Judicaël Moudjiedji, jeune, vous avez déjà été  Secrétaire Général de l’URDP, parti de l’opposition pro Ping. Que pensez –vous du Dialogue politique d’Ali Bongo, qui vient de rendre sa copie ?

Judicaël : « Quant on organise un dialogue dans des conditions normales, il en sort des résolutions utiles pour la construction d’un pays. Ce  dialogue dont vous parlez n’avait pas pour objectif de construire, mais de légitimer un pouvoir usurpé, un régime honni par les Gabonais. Ce dialogue n’a rien apporté en terme de souhaits du peuple. C’était une kermesse pour emprunter les mots du président élu Jean Ping. Si vous avez des doutes interrogez les Gabonais, vous aurez les réponses ».

MICA : Votre parti a boycotté les négociations d’Angondjé. Est-ce un choix que vous regrettez aujourd’hui, surtout au regard des conclusions contenues dans le rapport final qui a été remis à Ali Bongo fin mai dernier ?

Judicaël : « Je ne regrette rien puisque je n’attendais rien  des conclusions de ce dialogue au préalable. Il ne s’agit pas d’apporter quelque chose au débat, il s’agit d’apporter des réformes que le peuple veut ».

MICA : Vous n’avez donc pas l’impression d’avoir raté un rendez-vous avec l’histoire politique du pays ?

Judicaël : « La dérive oligarchique dans laquelle nous sommes depuis 50ans ne connaîtra aucune métamorphose au sortir de ce dialogue. La non limitation du nombre des mandats, une cour constitutionnelle qualifiée à juste titre de tour de pise, dont le président et deux autres membres sont nommés par le chef de l’Etat, l’augmentation du nombre de députés et la diminution de celui des sénateurs, etc. Non, nous n’avons rien raté ».

MICA : Au sortir du dialogue, la question de la limitation des mandats a été rejetée par la majorité des parties prenantes. Quel est votre avis sur cet échec, sachant que c’était  en grande partie ce qui a motivé certains acteurs de l’opposition à prendre part à ces négociations?

Judicaël : « L’intérêt de la limitation du nombre de  mandats électoraux est d’éviter la dérive oligarchique du pouvoir. Nous y sommes depuis 50 ans. Pas seulement pour le mandat du Président de la République, je parle de tous les mandats. Quand les mandats sont limités, cela freine le clientélisme. Cela permet le renouvèlement de personnes, des idées. Le débat politique se situe au niveau des programmes et non des personnes. La France, avec qui nous avons des relations séculaires est passée à deux mandats consécutifs depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008. La limitation de mandats favorise la respiration démocratique ».

MICA : Vous avez suivi les sorties de deux poids lourds de la coalition pro Ping. Il s’agit de Casimir Oye Mba et Guy Nzouba Ndama, qui appellent tous les deux l’ancien candidat à la présidentielle à dialoguer avec son rival, Ali Bongo, pour disent-ils,  « débloquer » le pays. Mais Jean Ping leur a répondu par un gros NON catégorique. Que vous inspire ce revirement de Nzouba et d’Oye Mba ?

Judicaël : « Le blocage vient de qui, ou de quoi ? Je ne vais pas par mille chemins. Cette situation est le résultat du coup d’état militaro-électorale perpétré une fois de plus, mais une fois de trop par le régime. Pour en sortir, il faut que la souveraineté du peuple gabonais soit restituée, ni plus ni moins. Les sorties des deux personnalités que vous  avez citées ne constituent pas un détachement de la coalition pour la Nouvelle République que dirige le Président élu ». 

 

Propos recueillis par Doriane MOUSSOUNDA

 

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