Junior Ndong Ndong, conseiller d’Ali Bongo . «Ne pas limiter les mandats est légitime »

Après le rejet par l’opposition et la majorité au dialogue d’Angondje de la question de la limitation du mandat présidentiel, les réactions se multiplient dans la classe politique. Si les partisans de Jean Ping dénoncent une volonté d’Ali Bongo de confisquer le pouvoir, ceux de la majorité jugent au contraire « légitime » l’échec même de la question. C’est le cas notamment d’un des conseiller du président de la république, Junior Ndong Ndong qui s’est prêté aux questions de MICA.

Après le rejet par l’opposition et la majorité au dialogue d’Angondje de la question de la limitation du mandat présidentiel, les réactions se multiplient dans la classe politique. Si les partisans de Jean Ping dénoncent une volonté d’Ali Bongo de confisquer le pouvoir, ceux de la majorité jugent au contraire « légitime » l’échec même de la question. C’est le cas notamment d’un des conseiller du président de la république, Junior Ndong Ndong qui s’est prêté aux questions de MICA. 

MICA : Jeune, vous êtes déjà connu de la sphère politique par votre implication aux côtés d’Ali Bongo. Que pensez-vous du dialogue politique ? S’agit-il d’une messe de plus sans lendemain, comme le pense l’opposition pro Ping, ou au contraire d’une occasion trouvée pour régler une bonne fois pour toute, le conflit politique permanent au Gabon depuis l’avènement du multipartisme en 1990 ?

« Le dialogue politique convoqué par le Chef de l’Etat au lendemain de l’élection présidentielle d’août dernier, est un moment capital de l’histoire de notre jeune démocratie, et cela est attesté par l’engouement observé et par la pertinence des contributions des participants ».

Dire qu’il s’agit d’une énième messe de plus sans lendemain, relève d’un simple préjugé que certains compatriotes, ont vis-à-vis de la chose politique dans notre pays. Je peux les comprendre, car notre pays a connu la Conférence nationale, les Accords de Paris et ceux d’Arambo, sans véritables changements dans leur quotidien.

Mais je voudrais faire observer deux choses qui montrent que ce n’est pas une autre messe sans lendemain comme ils le pensent. 

1-Le contexte dans lequel intervient ce dialogue politique. Vous noterez que c’est après avoir prêté serment que le Chef de l’Etat va instruire le Premier Ministre de convoquer ce dialogue politique, qu’il a voulu sans tabous, afin que prennent fin ces violences postélectorales récurrentes. 

2-Les acteurs. On a pu observer que toutes les composantes de notre société ont été prises en compte, et on a vu lors de la phase citoyenne, des gabonais de tous les horizons s’exprimer librement.

Pour ma part, ce dialogue politique est une occasion inespérée d’apporter tous les changements institutionnels et politiques nécessaires qui s’imposent dans l’édification et la consolidation de notre jeune démocratie. ».

MICA : Nombreux sont ceux qui attendaient que la limitation du mandat présidentiel soit adoptée. Que pensez-vous du fait que cette résolution n’ait pas été retenue par les deux parties?

« Les décisions des commissions du dialogue sont souveraines au regard du fait que ces commissions étaient composées par l’ensemble des forces vives de la nation. De plus, je tiens à préciser que, primo, les commissions étaient composées de manière paritaire. Secundo, le mode d’adoption des résolutions, accepté par toutes les parties qui fut le consensus. Au regard des aspects sus-évoqués, je pense que la résolution prise sur les mandats électifs en général, et le mandat présidentiel en particulier, tient compte de l’aspiration de la très grande majorité. L’objectif était, in fine, de donner plus de liberté au peuple sur le choix de ses dirigeants, et je crois pour ma part que cet objectif a été atteint »

MICA : L’opposition est depuis vent debout contre Ali Bongo pour réclamer un certain nombre des réformes électorales. Avez-vous une certaine appréhension de la voir parvenir au pouvoir lors de la prochaine élection présidentielle, surtout avec ces reformes ? 

« Les réformes qui ont été apportées à ce dialogue, n’ont pas vocation à décréter l’alternance ou à favoriser l’arrivée d’un camp au pouvoir, mais à garantir des élections transparentes et apaisées, qui ne souffriraient plus d’aucune contestation comme c’est le cas au terme de chaque élection dans notre pays ».

MICA : De plus en plus de Gabonais doutent encore de la volonté du parti démocratique gabonais (PDG) à respecter les résolutions de ce dialogue.  Pour eux, le PDG n’acceptera jamais d’appliquer les mesures qui compromettent sa longévité au pouvoir. Ces doutes vous paraissent-ils justifiés ?

« Oui et non !

Oui, parce que ceux là qui, hier avaient la possibilité de dissiper ces doutes, n’ont pas été exemplaires, en faisant ce qu’il faut. Ils n’ont pas voulu mettre en pratique toutes les résolutions issues de la Conférence nationale, des Accords de Paris et d’Arambo, afin de garder leurs privilèges.

Non, car vu l’importance des questions débattues à ce dialogue, les changements institutionnels et politiques attendus, vont logiquement tenir compte des avis et des recommandations de tous les participants. Comme il s’agit de réformes et de renouvellement de notre vie politique, ces gabonais doivent accorder le bénéfice du doute au Chef de l’Etat, quant à la matérialisation de ces résolutions ».

 

Propos recueillis par Doriane MOUSSOUNDA 

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