Retour sur les préparatifs de la CAN. Une fête controversée avant même de commencer

En acceptant d’organiser la 31ème Coupe africaine des nations (CAN) les autorités gabonaises étaient loin d’imaginer qu’au sortir de la présidentielle d’août dernier les tensions socio-politiques viendraient perturber le bon déroulement de cet événement. Les appels au boycott d’opposants politiques, et d’acteurs de la société civile, ainsi que les grèves menées par plusieurs syndicats ont troublé la fête concoctée par le pouvoir. Sans cependant l’annuler. Le Comité d’organisation de la CAN (Cocan), directement rattaché à la Présidence de la République, a tenu bon jusqu’au coup de sifflet final. Retour sur ces événements qui ont marqué la fin 2016 et le début 2017.

En acceptant d’organiser la 31ème Coupe africaine des nations (CAN) les autorités gabonaises étaient loin d’imaginer qu’au sortir de la présidentielle d’août dernier les tensions socio-politiques viendraient perturber le bon déroulement de cet événement. Les appels au boycott d’opposants politiques, et d’acteurs de la société civile, ainsi que les grèves menées par plusieurs syndicats ont troublé la fête concoctée par le pouvoir. Sans cependant l’annuler. Le Comité d’organisation de la CAN (Cocan), directement rattaché à la Présidence de la République, a tenu bon jusqu’au coup de sifflet final. Retour sur ces événements qui ont marqué la fin 2016 et le début 2017.

La décision d’organiser la CAN 2017 à Libreville, Franceville, Port-Gentil et Oyem a été prise bien avant la dégradation de la situation socio-politique survenue après la présidentielle du 27 août 2016. Il fallait à tout prix honorer l’engagement pris. D’où la poursuite des préparatifs juste après l’investiture du Président, Ali Bongo Ondimba.

« Passerelle pour la réconciliation »

Les premières visites de terrain par les responsables des instances africaines du Sport, avaient commencé dès juin 2016. Pour le deuxième vice-président de la Confédération africaine de Football (CAF), Almamy Kabélé Camara, les inspecteurs s’étaient dits rassurés quant aux capacités du Gabon à honorer ses engagements. « Oui le Gabon s’apprête à recevoir la plus belle et la plus populaire fête de la jeunesse africaine et ce à compter de janvier 2017 », avait-il déclaré.

C’était pour le Haut-commissaire au Cocan 2017, Christian Kerangal, une aubaine : les chantiers de la CAN étaient prioritaires, les délais seraient respectés, les commissions opérationnelles. Ombre à ce tableau idyllique : comme en 2012, le comité d’organisation décidait de travailler avec pratiquement les mêmes personnes. Ce qui devait provoquer les reproches des sommités du monde sportif et des journalistes sportifs, une fois de plus mis à l’écart.

Qu’à cela ne tienne, le Gouvernement gabonais avait bien l’intention de se servir de la CAN comme passerelle dans la réconciliation des populations. Le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, ne manquait aucune occasion de répéter : la CAN doit nous aider à renouer avec « ces moments de joie, de cohésion et de bonheur partagés ».

« Une dépense farfelue »

Si du côté des officiels, les préparatifs allaient bon train, qu’en était-il réellement de la mobilisation autour de cette fête populaire ? Dès l’annonce de la tenue de l’événement dans notre pays, plusieurs voix s’étaient élevées pour condamner son organisation. A cause de la crise économique sévère, liée à l’effondrement des cours du prix du baril de pétrole, première source de revenus du pays, les opposants politiques avaient jugé farfelue cette dépense, estimée à plus de 400 milliards de francs cfa. Mais pour Christian Kerangal, les financements mobilisés étaient de 192 milliards.

Pour l’opinion, cette dépense aurait dû servir à d’autres priorités et contribuer à réduire la fracture sociale, comme ne cessaient de le marteler les responsables syndicaux et certains acteurs politiques, qui avaient appelé au boycott. Pour Jean Rémy Yama, le président de Dynamique Unitaire, le principal syndicat de fonctionnaires : « Cette deuxième CAN en l’espace de cinq ans ne se justifiait pas sur le plan financier, parce qu’elle se faisait au détriment des autres infrastructures nécessaires et essentielles qui étaient prévues dans les secteurs de la santé et de l‘éducation ».

Du côté de Port-Gentil, des femmes membres de sociétés initiatiques traditionnelles, des associations «Femmes Patriotiques» et «Ntendet» organisèrent une rencontre pour demander le boycott de la Coupe… Et comme pour corser l’atmosphère, les grèves se succédèrent dans les secteurs clés de la Fonction publique, toutes sur fond de revendications sociales. De nombreuses voix s’élevèrent, même du côté de l’Eglise, à l’instar du pasteur Georges Bruno Ngoussi, pour appeler au boycott. Des appels relayés par la presse d’opposition.

Bilan aujourd’hui : il semble bien que la grande fête de la CAN n’a pas été celle espérée par la population gabonaise déçue par la contreperformance de l’équipe nationale, les Panthères, et peu encline à oublier les troubles qui ont suivi l’élection présidentielle.

Gérard-Philippe WALKER

 

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