Feux de brousse : pour le meilleur et pour le pire

(Jade Cameroun/Syfia) Catastrophe écologique, technique culturale désastreuse, comportement criminel. Dans les couloirs des ministères de l’Agriculture ou de l’Environnement, aucun mot n’est assez fort pour condamner les feux allumés en saison sèche par les paysans ou les éleveurs.

(Jade Cameroun/Syfia) Catastrophe écologique, technique culturale désastreuse, comportement criminel. Dans les couloirs des ministères de l’Agriculture ou de l’Environnement, aucun mot n’est assez fort pour condamner les feux allumés en saison sèche par les paysans ou les éleveurs.


Pourtant d’expérience, les paysans savent bien qu’une parcelle brûlée, offre de meilleurs rendements. La recherche agronomique le confirme : un feu allumé précocement, en début de saison sèche, nettoie efficacement les champs en réduisant en cendres une bonne partie des herbes, détritus et feuilles mortes. Ce qui ne brûle pas complètement ainsi que les feuilles qui tombent des arbres couvre le sol et le protège contre les intempéries. Tandis que les cendres riches en éléments nutritifs tels que l’azote et le phosphore le fertilisent. Le labour est facilité et la parcelle donne de bonnes récoltes. De même, dans les régions d’élevage, les brûlis nettoient les pâturages des touffes trop dures et favorisent la repousse de l’herbe.


Selon les chercheurs, cette technique peu exigeante en main d’œuvre facilite le travail des agriculteurs pour débarrasser les champs de la végétation indésirable, surtout dans les régions humides où elle est abondante. Elle est donc souvent bien adaptée à leurs besoins ce qui explique que les paysans continuent à y avoir recours.


Seulement, les mêmes feux sont également capables du pire lorsqu’ils sont criminels ou incontrôlés et surtout lorsqu’ils sont allumés en fin de saison sèche quand les arbres et les arbustes sont très secs. Le feu ravage alors tout sur son passage. Pour le paysan, le champ ainsi laissé nu est un bon résultat puisqu’il n’a plus qu’à retourner la terre et semer. Erreur ! estiment les agronomes. Les vents emportent les cendres et les premières pluies emportent la couche fertile du sol. Là où les feux sont fréquents, les végétaux les plus fragiles meurent, le nombre d’animaux se réduit, les mauvaises herbes prospèrent… La terre durcit et devient incultivable.


C’est une des raisons pour laquelle, d’après le Programme alimentaire mondial, environ 60 000 km2 de terres fertiles deviennent désertiques chaque année.


 


Etienne Tassé


 


 


Article réalisé avec le soutien du projet


Promotion de la culture scientifique et technique (PCST)


 

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