Le journaliste Amadou Vamoulké condamné à 12 ans de prison

Droits de l’homme. Poursuivi pour détournement de fonds publics, l’ancien directeur général de la Crtv (Radio-Télévision du Cameroun) dénonce l’acharnement judiciaire dont il est victime depuis six ans. 

Amadou Vamoulké a été condamné ce 21 décembre 2022 à 12 ans d’emprisonnement ferme par le Tribunal criminel spécial (Tcs). Le verdict est tombé après plus de 15 heures d’audience. Le procès a débuté le 20 décembre à 10h35 pour s’achever le 21 décembre 2022 à 1h40 min. Cette sentence dans  l’affaire qui oppose l’ancien directeur général de la Crtv contre l’Etat du Cameroun intervient six ans après son interpellation pour détournements présumés des deniers publics. Avant la lecture de la décision, Amadou Vamoulké a dénoncé un acharnement judiciaire dont il fait l’objet depuis son départ en 2016 de la Crtv où il a occupé le poste de directeur général de 2005 à 2016.

Les avocats du journaliste crient à un hold-up judiciaire en affirmant que la procédure contre leur client a été entachée de plusieurs irrégularités notamment le non-respect des délais de jugement, le non-respect de l’indépendance du tribunal, le défaut de preuves à conviction de la part de l’accusation.. Après la décision rendue par le Tcs un pourvoi en cassation a été introduit à la Cour suprème par les avocats d’Amadou Vamoulké. Me Wamaba, avocat de l’ancien directeur général de la Crtv  a affirmé le 21 décembre que la décision de condamnation prise contre son client n’est pas fondée sur la base des preuves.  Il justifie sa déclaration par le fait que les différentes pièces à charge introduites par l’accusation ont été rejetées par le tribunal.

L’on se rappelle également qu’au moment de l’instruction, le prévenu n’a pas bénéficié de la présomption d’innocence.  La défense du journaliste dénonce la violation de l’article 14 du pacte international relatif aux droits civils et politiques qui stipule : « Tous sont égaux devant les tribunaux et les cours de justice. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal compétent, indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil ».

« Une détention arbitraire » selon l’ONU

Selon le tribunal, Amadou Vamoulké été reconnu coupable de détournement des deniers publics estimés à environ 22 millions Fcfa des frais, perçus de manière indue. Il s’agit des indemnités de transport, le paiement de complément de salaire au personnel du ministère des Finances affectés à la Crtv. Le Tcs reproche également à Amadou Vamoulké d’avoir perçu, sans une décision du Conseil d’Administration, des frais de représentation estimés à 16 millions F.cfa pour ses déplacements hors du pays pendant qu’il occupait les fonctions de directeur général de la Crtv. 
La décision du tribunal a été motivée par le fait que l’ancien directeur général de la Crtv s’était octroyé certains avantages indus sans avoir l’autorisation du Conseil d’administration. Une affirmation rejetée par les avocats de l’accusé. Une autre irrégularité que dénoncent les avocats du journaliste c’est le fait que leur client a été traduit devant la barre pour un détournement présumé en coaction de plus de 3 milliards F.Cfa. Mais sur ce montant, l’accusé a été jugé seulement pour un détournement de 670 millions. 

La condamnation de Vamoulké intervient alors qu’en 2019, un groupe d’experts des Nations-Unies avait dénoncé la détention arbitraire dont il fait l’objet avant de demander aux autorités camerounaises de le libérer. En plus l’ancien directeur général de la Crtv  qui entre dans sa 73ème année de vie est victime d’une maladie qui nécessite sa prise en charge depuis deux années. Les rapports médicaux dans ce sens ont été transmis aux autorités camerounaises pour une évacuation sanitaire restée sans suite.

Depuis quelques années un comité de libération composé des associations de défense des droits des journalistes et des associations de défense des droits de l’homme a été mis en place. Arnaud Froger, le responsable de l’Ong Reporters sans Frontières estime que la détention de l’ancien journaliste de la Crtv est arbitraire et sa libération reste un enjeu légal. Amadou Vamoulké attend le verdict d’une secondaire affaire pendante devant le tribunal criminel spécial.

Prince Nguimbous (Jade) 

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