Première visite de Macron en Afrique. Pas que de la rhétorique, mais aussi du concret

De nombreux analystes des politiques africaines attendaient que le jeune président français aborde de façon franche les questions politiques qui fâchent dans l’Afrique d’aujourd’hui, telles que les « glissements de constitution, le non-respect des droits et libertés des citoyens… » Vainement. Mais des signaux forts sont tout de même venus de ces échanges bilatéraux, comme la création d’une « Maison de la jeunesse », ou le soutien aux PME.

De nombreux analystes des politiques africaines attendaient que le jeune président français aborde de façon franche les questions politiques qui fâchent dans l’Afrique d’aujourd’hui, telles que les « glissements de constitution, le non-respect des droits et libertés des citoyens… » Vainement. Mais des signaux forts sont tout de même venus de ces échanges bilatéraux, comme la création d’une « Maison de la jeunesse », ou le soutien aux PME. 

La fin de la visite d’Emmanuel Macron du 27 au 30 novembre, essentiellement dans les pays de l’Afrique de l’ouest, d’abord au Burkina-Faso, puis à Abidjan (en marge du sommet Union africaine (UA)-Union européenne (UE) et au Ghana, a été différemment interprétée, en dépit de tous les espoirs que cela pouvait susciter, tant les revendications socio-politiques de certains pays francophones sont devenues récurrentes. D’entrée de jeu, le « fin équilibriste » et fondateur du parti la République en Marche (LREM), fixait le décor en s’adressant aux 800 étudiants, réunis à l’amphithéâtre de Ouaga 1: « Je suis d’une génération où on ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire, quelles sont les règles de l’Etat de droit, mais où partout, on encouragera celles et ceux qui, en Afrique, veulent prendre leurs responsabilités, faire souffler le vent de la liberté, et de l’émancipation comme vous l’avez fait ici.». 

Ces précisions, pour Marion Mboutsou, étudiante en licence d’économie à l’université Omar Bongo du Gabon, sont considérées comme une « lettre de cadrage ». Et comment continuer de rêver et de voir en lui, le « libérateur d’une Afrique qui ne doit s’en prendre qu’à ses dirigeants » ?, lance-t-elle en martelant ses propos. Mais pourquoi donc, ce premier déplacement, dans certains ‘’ pays du pré-carré français’’ n’a-t-il pas été à la hauteur des attentes ? Pierre Vandji Nguéma Mba, socio-politologue, parle d’un « discours teinté d’espoir et de scepticisme face à une Afrique qui veut rompre avec la France-Afrique ». Il estime que les besoins de la jeunesse doivent être pris en compte avec beaucoup de recul, et ne sauraient être réglés à travers une tournée, fût-elle présidentielle. 

Pour le chef de l’Etat français, l’Afrique, pour assurer son développement doit asseoir une économie fiable en s’ouvrant à l’extérieur et en comptant d’abord sur elle-même. D’où cette bonne dose de « real politique », savamment pensée et très certainement proposée par le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA),  outil de concertation et d’aide à la décision directement rattaché au président, qui est censé  donner un nouveau visage à la relation entre l’Afrique et la France.  La rupture avec l’image de la France paternaliste est consommée et maintenant chaque peuple doit prendre son destin en main. 

Révolution de la mobilité

Le socio-politologue renchérit :  Macron appelle « à un changement de mentalité, une rupture d’avec les anciens systèmes politiques auxquels il n’a pas appartenu, raison pour laquelle, il a très peu parlé de politique. Son discours « est  fondé sur le partenariat économique, avec une jeunesse entreprenante dans tous les sens du terme ». Il a préféré parler d’entrepreneuriat que d’aide au développement  : « Je veux ensemble, que nous ayons cet esprit de conquête, avec une ambition partagée, pour que, dans votre détermination à réussir ce temps de bascule, soient créées  les conditions d’une véritable circulation dans la durée pour les étudiants, en priorisant l’éducation et la formation des enseignants, pour une véritable révolution de la mobilité’’, a insisté Macron. Des exemples à améliorer comme l’Ecole d’ingénieurs de 2iE à Ouagadougou, pour laquelle il a pris l’engagement d’en faire un lieu de référence sur le continent africain. Autre projet selon lui qui se réalisera incessamment ‘’la Maison de la Jeunesse’ avec en son sein Campus France, France Volontaires, les instituts de recherche, et un incubateur pour les jeunes créateurs d’entreprise. Et de poursuivre, « c’est la seule révolution qui peut apporter les 450 millions d’emplois dont l’Afrique aura besoin d’ici 2050 ». Il a aussi demandé à l’Agence française de Développement et la Banque publique d’investissement de créer un fonds de plus d’un milliard d’euros pour soutenir les PME africaines. 

 

Gérard-Philippe WALKER

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