Etat, patronat et syndicats négocient. Accord sur la retraite à 63 ans au lieu de 60

S’il y a un constat qui fait l’unanimité au sein de la population, c’est bien celui de voir la pension vieillesse être revue à la hausse. Mais, comment en arriver là alors que depuis plus de 40 ans le nombre de retraités ne cesse d’augmenter ? Les négociations tripartites Etat, patronat et syndicats ont proposé d’augmenter l’âge de départ à la retraite : 63 ans au lieu de 60 actuellement.

S’il y a un constat qui fait l’unanimité au sein de la population, c’est bien celui de voir la pension vieillesse être revue à la hausse. Mais, comment en arriver là alors que depuis plus de 40 ans le nombre de retraités ne cesse d’augmenter ? Les négociations tripartites Etat, patronat et syndicats ont proposé d’augmenter l’âge de départ à la retraite : 63 ans au lieu de 60 actuellement. 

Jean Fidèle Nzaou Nzigou, septuagénaire, enseignant retraité du premier degré, a exercé plus de 35 ans au collège principal d’Akébé-ville. Aujourd’hui, affaibli par l’âge et les difficiles conditions de vie, résultats de sa maigre pension, il est à bout de souffle. A l’entendre, «avoir une retraite méritée, est synonyme de parcours du combattant, jalonné de lenteurs et tracasseries administratives ». Conscient de cette réalité, le gouvernement a convoqué des négociations entre les 3 principaux acteurs que sont l’Etat, le patronat et les syndicats, dans le but d’apporter des solutions pérennes, pour ne plus entendre dire que « être en cessation d’activités professionnelles, est synonyme de maltraitance ». 

La prise en compte de cette urgence s’explique par le nombre de retraités qui s’accroit, l’espérance de vie qui augmente, et le peu de cotisants dû à la crise provoquée par la fermeture de plusieurs sociétés. « Si rien n’est fait à l’horizon 2020, le déficit deviendra insupportable. On sera obligé d’aller puiser dans les réserves de la CNSS [Caisse nationale de Sécurité sociale, ndlr]. Si on reste toujours dans ce statu quo, à l’horizon 2036, ces réserves-là également seront épuisées», explique Janvier Ntoutoume, expert en sécurité sociale. Aussi, pour éviter une faillite générale, plusieurs hypothèses sont sur la table  dont « augmenter l’âge du départ à la retraite, et les taux de cotisation ».

Pour Biyoghe Mba, ministre d’Etat en charge de la Protection sociale « ces négociations ont permis de revoir les paramètres de calcul des pensions vieillesse, l’âge du départ à la retraite, initialement fixée à 60 ans, puis revu à 65 ans, selon la proposition du gouvernement, mais ramené à 63 ans par les négociateurs. La date d’immatriculation, les taux de calcul, ont aussi été l’objet d’âpres discussions. Le gouvernement avait proposé 6% pour le patronat et 8% pour le salarié, mais les négociations ont abouti à 5,5 % pour le patronat et 4% pour le salarié.  Et en fonction des secteurs : 25 ans pour le privé et 30 ans pour le public. La période d’admission en retraite proportionnelle harmonisée dans les deux secteurs à 15 ans». Etant entendu que dans 10 ou 15 ans, on pourrait arriver à 65 ans en gagnant un an  tous les cinq ans. 

« Faute amorale » 

Cette augmentation de l’âge du départ à la retraite ne fait pas l’unanimité, quand on sait que l’espérance de vie moyenne au Gabon, est en deçà de la fourchette retenue. Et pour rassurer les pessimistes,  les autorités reconnaissent « qu’en fonction de la pénibilité de certains métiers, et si le travailleur le souhaite, il peut demander à partir à 60 ou 61 ans, s’il a rempli bien sûr, les conditions requises . Le seul paramètre qui n’a pas bougé reste l’assiette », a précisé le membre du gouvernement. 

Cependant, pour l’analyste économique Mays Mouissi, « les départs en retraite sont encadrés par le Code du travail dont l’article 2 fixe l’âge légal à 60 ans pour le régime général, (décret 01894/PR/MTEPS du 29 décembre 2011). Il explique qu’ «aligner l’âge de départ en retraite sur l’âge de fin de vie, est une faute morale, parce que, l’âge moyen de fin de vie au Gabon est estimé à 64 ans. L’absence de débat sociétal véritable au parlement et dans la classe politique, laisse penser que l’Etat, a délibérément choisi de n’accorder le bénéfice effectif de la retraite qu’à une population de survivants», a précisé Mays Mouissi. 

Le ministre d’état en charge de la Protection sociale et de la Solidarité nationale a indiqué que ces conclusions transmises au gouvernement seront traitées avec la plus grande diligence. Et avant de voir ce court terme se réaliser, le gouvernement devra élaborer une loi pour financer cette réforme. 

 

 Gérard-Philippe WALKER

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