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Accord financier entre le Gabon et la France. Nouvelle bouffée d’oxygène de 147 milliards de FCFA

Soumis par fouodjivincent le mar, 30/01/2018 - 13:14
Les entreprises gabonaises seront bénéficiaires du coup de pouce de l’AFD.

C’est le montant de l’aide accordée par l’Agence française de développement pour soutenir le plan de relance économique gabonais. Il permettra aussi de consolider les entreprises françaises présentes au Gabon, qui ne sont pas épargnées par la crise.

Le ministre de l’Économie, de la Prospective et de la Programmation du Développement durable, Régis Immongault, a signé pour le compte du Gabon, une convention de financement avec la directrice régionale de l’Agence française de développement (AFD), Laetitia Dufray, un appui budgétaire de 225 millions d’euros (147 milliards, 375 millions de francs CFA), pour soutenir entre autres, le Plan de relance économique.  Mais aussi et surtout pour assainir la dette intérieure qui asphyxie les entreprises nationales. Non sans oublier qu’avec le Fonds monétaire international (FMI), des engagements ont été pris pour améliorer la gestion des finances publiques, en vue de soutenir les grands axes de la relance économique.  

L’accord définit clairement que l’AFD, sur une période de 2 ans de 2017 à 2019, octroie trois tranches de 75 millions d’euros (49 milliards 125 millions de francs CFA) dont, la première sera effective cette fin d’année. Les deux autres restantes, conditionnalités obligent, se feront en 2018 et 2019, sur la base des conclusions de missions par le ministère français de l’Economie et l’AFD. Sans que cela ne soit un secret de polichinelle, la traçabilité de ce soutien pour l’apurement des arriérés de l’Etat et la mise en place des réformes des finances publiques est exigée.  

Impact sur les entreprises françaises

L’ambassadeur  Dominique Renaux, Haut représentant de la France au Gabon, présent à la cérémonie, a fait le rappel suivant : « Les arriérés intérieurs constituent un des freins à la relance de l’économie nationale. Ils affectent les fournisseurs de l’Etat, comme la plupart du secteur privé, via les arriérés de remboursement de la TVA. Je suis particulièrement attentif, vous le comprendrez, à leur impact sur les entreprises françaises, qui représentent une part importante de l’activité économique en termes de productions d’emplois et d’exportations »,  a-t-il précisé.

La dette publique absorbe plus de 60% des recettes publiques, plaçant le pays en situation de vulnérabilité croissante, a noté le Fonds monétaire international (FMI) dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne. Le document souligne l’atténuation du ralentissement généralisé et mise sur l’évolution d’une croissance pouvant passer de 1,4% en 2016 à 2,6% cette année.

Le ministre de l’Economie n’a pas caché sa satisfaction, car «cet accord financier permettra de redonner de l’oxygène à notre économie, avec en ligne de mire, le règlement des arriérés de l’Etat. »

Rappelons qu’à force de négociations, le président de la Confédération patronale gabonaise (CPG) attend impatiemment l’effectivité de ces mesures, lui, qui multiplie les sorties et met la pression sur le gouvernement, qui tarde à engager la procédure d’apurement de la dette de l’Etat aux entreprises.  

Et juste après cette signature de convention, le premier responsable du ministère de l’Economie, Régis Immongault et son collègue du Budget, Jean Fidèle Otandault ont pris part à la réunion statutaire du Comité monétaire et financier national, au siège de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).  Les grandes questions financières et leur évolution dans le court et moyen terme y ont figuré en bonne place : « La situation économique est toujours aussi difficile. Et nous devons continuer les réformes structurelles. Pour 2018, nous avons des perspectives favorables, même si nous n’aurons pas une croissance comme par le passé, nous aurons tout de même une remontée », a expliqué le ministre du Budget. 

Gérard-Philippe WALKER 

 

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